16 juin 2009
La Cour sarkoziste dépense sans compter
Seul contre tous ! Tel d'Artagnan, le député apparenté socialiste René Dosière a vivement souligné le manque de transparence et l'augmentation considérable du budget de l'Elysée en 2008.
Mardi 16 juin 2009, dans un document présenté à la presse, le député de l'Aisne, qui épluche depuis des années le budget de l'Elysée, a expliqué que les crédits de la présidence de la République avaient augmenté de 18,5% l'an dernier pour atteindre 113,182 millions d'euros.
"Les promesses d'économies et de transparence ne sont pas tenues", a-t-il dit. "Les restrictions budgétaires imposées aux administrations de l'Etat ne s'appliquent donc pas aux services de la présidence de la République."
Selon ce mousquetaire des finances, les crédits de fonctionnement ont augmenté de 21,7%. Les charges de fonctionnement, comme les frais de réception, sont en augmentation de 51,2% par rapport à l'année précédente pour atteindre 26 millions d'euros.De même, les frais de déplacements, avec un montant de 16,3 millions d'euros, ont augmenté de 26,3%.
Seules dépenses en baisse : les aides sociales
Droite oblige, pour avoir plus de petits-fours au foie gras, les seules dépenses en réduction sont celles concernant les aides sociales accordées traditionnellement aux personnes en difficulté avec une baisse de 33,6% par rapport à 2007. Ceux qui n'ont pas de bijoux à secouer n'ont qu'à...disons attendre.
Evidemment, l'Elysée dément : "Notre compte-rendu est totalement sincère et transparent." Le porte-parole du Palais souligne que depuis le mois de septembre 2008, ces comptes font l'objet d'un examen permanent de la Cour des comptes dont le rapport sera publié le mois prochain. S.C. (avec Reuters)
07 juin 2009
Ploutocratie ou oligarchie ?
Chacun aujourd'hui, dimanche 7 juin, pourra commenter les résultats des uns ou des autres. Chacun pourra se gausser ou battre sa coulpe. Mais franchement, au delà de tous les chiffres que j'entends, il faut dire les choses : la démocratie est morte. Le seul chiffre que je retiens, en ce qui me concerne est bien celui des 60% d'abstentions. 28% de 40%, ce n'est vraiment rien...Alors que dire des 16% du PS !
Le vrai débat est de se demander si nous sommes tombés dans une oligarchie ou dans un ploutocratie. L'aristocratie me ferait plaisir mais c'est le doux rêve d'un utopiste.
24 janvier 2009
Habemus (néo)nazi
Dans un décret daté du 21 janvier 2009, le Pape Benoît XVI a annulé l'excommunication, prononcée par Jean-Paul II en 1988, des quatre évêques intégristes qui avaient été ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre. Le texte signé au nom du pape Benoît XVI par le préfet de la congrégation des évêques, le cardinal Giovanni Battista Re, réintègre au sein de l'église les évêques de la fraternité sacerdotale Saint Pie X, Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galaretta.
Le journal "La Croix" oublie de préciser que Mgr Williamson a nié récemment l'existence des chambres à gaz lors d'un entretien avec la télévision suédoise : "Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz". Malheureusement, il ne s'agissait pas de la première déclaration de cette teneur.
De son côté, le porte-parole du Vatican Federico Lombardi a salué comme «une bonne nouvelle» la levée de l'excommunication, «un pas très important vers la reconstitution de la pleine communion de l'Eglise». Mgr Lombardi omet de préciser l'importance de la condamnation de l'Holocauste par l'Eglise catholique...Dommage !
S.C.
23 janvier 2009
Sauvage (bis)
Alors que la semaine dernière, des cheminots grévistes protestant contre l'agression d'un collègue étaient assimilés à "des sauvages" par les usagers et un journaliste (lire les détails en cliquant ici), cette semaine les usagers ont bien été tentés par le pugilat, parce que le traffic ferroviaire ralentissait... Il devient légitime de s'interroger : qui sont les sauvages ? Faut-il rétablir la peine de mort pour les grévistes ? Et tiens, si on faisait un contrôle fiscal au famille des suicidés, pour les dissuader de "prendre en otage" la France des travailleurs ?
L’ensemble des trains étaient arrêtés, vendredi 23 janvier au soir, gare Saint-Lazare et plusieurs milliers de voyageurs bloqués à cause d’un «accident de personne», ce qui a déclenché des manifestations de colère envers les agents de la SNCF, selon la compagnie et des journalistes de l’AFP.
«L’ensemble des trains sont bloqués dans la gare Saint-Lazare. Plusieurs milliers de personnes sont concernées», a indiqué un porte-parole de la SNCF, interrogé par l’AFP.
Des voyageurs impatients ont encerclé un local d’accueil dans lequel se sont réfugiés les agents de la SNCF pour échapper à la colère des usagers, qui ont brisé deux vitres de ce local et craché sur les autres, a constaté un journaliste de l’AFP. Honteux , c'est le mot !
Heureusement, les policiers (dernier rempart de la République) entouraient le local pour protéger les agents de la SNCF de la colère de la foule. Vive la France et les Français...C'est ça le miracle Sarkozy, faire que tous les Français se détestent les uns les autres ? Si ça continue, je demande l'asile aux Etats-Unis !
14 janvier 2009
Sauvage
Yahoo actualités se lâche. Mercredi 14 janvier, suite au communiqué de presse du président de la SNCF annonçant une forte indemnisation des usagers privés de RER, le journaliste (qui utilisait une dépêche de l'AFP) indique que la grève était "sauvage". Forte connotation péjorative de cet adjectif, qui dénote le contexte actuel de dévalorisation voire de stigmatisation du droit de grève, qui est pourtant un droit constitutionnel.
Pour ce journaliste qui "confond" les expressions "grève sauvage" et "grève spontanée (ou subite)", rappelons que le mouvement de grève en question est un mouvement solidaire décidé après l'agression d'un conducteur du RER A en provenance de Nanterre, le lundi 12 janvier. Ce dernier était descendu de sa cabine à la suite du déclenchement du signal d'alarme dans une des voitures de son RER. Il avait alors été agressé dans la voiture par "six personnes alcoolisées", roué de "coups de poing et de pied au visage", selon une source policière.
Dès le lendemain, le président Sarkozy demandait des excuses à la SNCF pour : "la France prise en otage totalement sans préavis". Primo, la gare St Lazare ne peut paraliser la France entière car Paris n'est pas exactement la France. Secundo : il s'agissait plutôt d'une réaction humaine de collègues indignés. La victime ici est bien ce conducteur. Les usagers ont du prendre une autre ligne, être en retard ou prendre un taxi. Est-ce comparable à la vie d'un homme ? Celui qui peut répondre "oui" est sans doute le véritable sauvage dans cette affaire.
14 juillet 2008
Marche royale
Le 14 juillet, la nation française célébre la prise de la Bastille, symbole du pouvoir royal. Elle rend aussi hommage aux personnes mortes sur le Champ de Mars, le 14 juillet 1791, parce qu'elles signaient une pétition pour suspendre les pouvoir du roi, après la fuite de Varennes. Le grand public oublie souvent que c'est l'Assemblée Nationale de l'époque qui ordonne à La Fayette de tirer sur la foule des protestataires.
Quoiqu'il en soit, les citoyens français célébrent l'avénement de la République après la chute de la royauté. Aujourd'hui, le 14 juillet 2008, à défaut de commenter l'entretien républicain avec le président (supprimé par M. Sarkozy), il est possible de critiquer le défilé. Evidemment, la présence du président syrien a fait coulé beaucoup d'encre, à juste titre. Sous ses airs angéliques, il ne faut pas oublier les actes de barbaries contre le Liban.
Pourtant, ce n'est pas cette présence honteuse mais un détail qui a frappé notre attention : une petite musique, en fin de défilé. Il s'agissait d'une marche rédigée au XVIIe siècle spécialement pour ...les entrées royales. Un air prémonitoire ? Après un gros plan sur l'omniprésident, un long travelling quand il se rend dans la foule des handicapés pour serrer des mains de thaumaturges. Effectivement, les temps ont changé ! S.C.
14 janvier 2008
Le pouvoir d'un seul
"Sous son apparence anodine, le pouvoir d’intervention directe du président de la République devant le Parlement ne manquera pas de provoquer, de la même façon, un changement fondamental des règles du jeu politique. La Ve République a apporté la stabilité politique au prix d’un regrettable effacement du Parlement, mais elle avait su partager le pouvoir exécutif pour le rendre moins écrasant. Il est à craindre que le projet de Nicolas Sarkozy ne conduise à faire sauter ce dernier rempart contre les dérives du pouvoir d’un seul."
A lire dans Libération.
10 janvier 2008
La fin de l'Habeas corpus
C'est dans l'indifférence totale qu'un texte de loi est passé dans la nuit du 9 janvier 2008. Pourtant, ce texte est important puisqu'il enterre pour longtemps le principe ancien de l'Habeas corpus. Le texte voté hier à l'Assemblée nationale permet le maintien des criminels les plus dangereux dans des centres fermés mais, et c'est cela qui est TRES grave, sans jugement. Ce n'est pas un juge qui prendra cette décision mais un commission d'experts (magistrats et psychiatres). Bruno Frappat, éditorialiste à La Croix, souligne à juste titre : « Comme ceux qui auront à en décider seront sans doute tétanisés à l'idée de se tromper et de relâcher des individus dangereux, ce que ne manquerait pas de leur reprocher le tribunal de l'opinion, on ne voit guère qui prendrait un tel risque. Ainsi invente-t-on la préventive à perpétuité. Et la punition avant la faute ». (voir http://blogfrappat.la-croix.com/)
Pire, ce texte qui était initialement réservée aux pédophiles récidivistes auteurs de crimes sur des jeunes de moins de 15 ans, concernera TOUS les auteurs de crimes sur les moins de 18 ans et également les personnes condamnées à au moins 15 ans de réclusion pour certains crimes commis sur des victimes majeures. Nous pourrions insister sur le fait que la définition du crime est très large (excès de vitesse, alcoolisme,toxicomanie, jeux d'argent, polygamie...). Ainsi, un joueur qui fumerait du cannabis pourrait se retrouver en prison, à vie.
Mais laissons là les aberrations à venir pour nous pencher sur un constat : si les Français peuvent être emprisonnés sans avoir commis de faute et sans jugement, cela signifie que la France accepte d'enterrer un texte fondateur de l'esprit des Lumières : la loi sur l'Habeas Corpus. Cette dernière date de 1679 et énonce un droit à chaque sujet anglais : « En l’absence de délit ou lorsque les charges sont manifestement insuffisantes, le juge fait libérer la personne ».
Belle régression ! Pour mémoire, cette loi est votée le dernier jour de session du Parlement pour contrer les arrestations arbitraires et les déportations abusives du roi Charles II, anti-catholique et admirateur de l'absolutisme. S'il s'appuie sur ce modèle, Sarkozy a encore une marge avant de devenir roi (élu). Une questions nous brûle alors les lèvres : à quand une réouverture des bagnes en Guyane ? A moins que ce ne soit des camps...Avec ce genre de texte, une dérive totalitaire est en effet possible, voire probable.
Saluons à ce propos le courage poilitique de Mme Guigou qui ose tenir tête au tout-puissant président. Pour autant, son intervention n'est en rien injurieuse. L'ancienne Garde des sceaux précise : « Je ne dis pas que ce texte veut ces dérives, je dis qu'il peut les entraîner. Le gouvernement et la majorité ne mesurent pas la gravité de ce changement de philosophie dans la justice. Ils tournent le dos aux acquis de la Révolution qui veulent qu'on condamne les gens pour ce qu'ils ont fait, pas pour ce qu'ils sont, ni pour ce qu'ils sont susceptibles de faire ».
Sébastien Chabaud
Insuffisant, n'oubliez pas de réfléchir avant de parler
Bulletin du premier trimestre
Elève : Nicolas Sarkozy | ||
Matières |
Notes |
Appréciations |
Histoire |
6/20 |
Ne vous en déplaise, la monarchie élective existe. L’exemple le plus notable est celui de Hugues Capet, qui était élu par les comtes du royaume. Son pouvoir n’était donc pas héréditaire. Par ailleurs, vos interventions essaiment tout et son exact contraire. Ainsi, pendant votre exposé sur les 35H, vous dites qu’il faut supprimer le texte puis vous rappelez l’importance de sa préservation. |
Français |
8/20 |
Votre registre de langue est beaucoup trop familier. (Président de la République, c’est pas un boulot pour un inquiet», ou le désormais fameux «avec Carla, c’est du sérieux»). A votre niveau, cela est impardonnable. |
Vie scolaire |
7/ 20 |
Avec vous, le mot de « promesse » perd tout son sens. Une de vos absences est injustifiée, merci de rapporter votre certificat médical pour l’opération de votre abcès à la gorge, au Val-de-Grâce. |
Bilan |
Insuffisant, n'oubliez pas de réfléchir avant de parler. Le conseil de classe vous trouve un peu trop impétueux et égoïste pour quelqu’un qui souhaite se dévouer aux autres et à la « cité ». Il est temps de vous remettre en question. | |
17 décembre 2007
Rien à faire de la vie sexuelle du président
Deuxième fois. Pour la deuxième fois depuis le début de son mandat, le président Sarkozy étale honteusement sa vie sexuelle dans tous les médias français. Situation obscène ?
Au sortir d'une semaine d'articles très critiques sur la visite à Paris du dirigeant libyen Kadhafi, Nicolas Sarkozy, 52 ans, s'affiche cette semaine sur les premières pages de plusieurs magazines avec l'artiste Carla Bruni de 39 ans, en vedette par ailleurs dans une sensuelle publicité de parfum. Le président, si sensible quand les photographes américains le flashaient avec son ex-épouse, n'a pas hésité à sourire béatement devant les photographes de la presse people.
"Cela ressemble de plus en plus à un épisode supplémentaire des aventures de la principauté de l'Elysée (...) Nicolas Sarkozy, manifestement, ne fait aucune différence entre ce qui relève de la vie privée et de la vie publique", a déclaré Benoît Hamon, député européen représentant du PS.
Certes, au moment où les sans-abris meurent dans la rue, le pouvoir d'achat baisse sans cesse et l'Etat s'endette, les Français souhaitent sans doute que le président s'affiche moins et travaille plus. S.C

