22 avril 2008
Prof : un métier d'avenir ?
Selon l’Institut CSA, quelque 93 % des enseignants - davantage dans le secondaire que dans le primaire - jugent leur profession dévalorisée. Lorsqu’on leur demande s’ils souhaiteraient changer de métier au sein de la fonction publique, près de la moitié (44 %) répond oui, dès maintenant. (Sondage réalisé auprès d’un échantillon national représentatif de 503 enseignants par téléphone du 25 au 29 mars).
D'après Libération du 22 avril 2008
Les plus belles perles de l'oral de géographie des CAP
Depuis cinq ans environ, le nouveau CAP est en place. Pour que l'écrit ne soit plus un obstacle pour les jeunes lycéens, l'épreuve d'histoire géographie est passée à l'oral. Pourtant, les résultats ne suivent pas nécessairement. Tout simplement parce que les difficultés de l'écrit se retrouvent à l'oral. D'autant plus quand l'oral n'est pas préparé. A vous de juger :
1. -Parlez moi de "china town" ...
-Facile, "China town" est un grand homme politique qui vit à New York.
2.-Combien de personnes sont mortes dans les attentats du 11 septembre 2001 ?
-Aucune !
3.-Pourquoi New York est la première ville juive du monde ?
-Les Juifs sont des sans-papiers et ils squattent central park
4.-Qu'est ce que le commerce triangulaire ?
-Une croisière pour atteindre une vie meilleure (sic)
5.-Pouvez-vous me citer d'autres lieux où l'on fête carnaval comme en Guyane ?
-Non, le carnaval de Guyane est incomparable, c'est le premier du monde (quoi, le Brésil est voisin de la Guyane ?).
Le professeur n'est pas responsable de telles réponses (enfin, j'espère!). Vos commentaires sont les bienvenus !
18 avril 2008
Le nègre est mort, vive le Nègre
« Aimé Césaire était fait d'un alliage rare. C'était un magnifique écrivain et un vrai politique. (...) Un être fier de sa singularité d'homme noir et un humaniste attaché à l'universel. Un combattant de l'anticolonialisme et un fidèle de la République. »
Lionel Jospin
P.S. : Pour sa part, Aimé Césaire disait joliment : «Si vous voulez comprendre ma politique, lisez ma poésie ».
Certains devraient lire ces poèmes pour comprendre un peu de politique et éviter de se vendre sur la tombe d'un mort, encore chaud...
15 avril 2008
Sur le boulevard de la mort
Depuis le film Apocalypto de Mel Gibson, tout le monde pense tout savoir sur les civilisations pré-hispaniques. Grave erreur ! Les archéologues sont unanimes pour convenir de la méconnaissances de ces civilisations. Les guides, locaux ou internationaux, vous diront que Teotihuacan, l’ancienne capitale du Mexique, est le lieu où l’imagination doit être reine. Les architectes de la ville, située à une soixantaine de kilomètres de Mexico, ont entièrement été guidés par la Nature et l’esprit créateur. Par conséquent, le voyageur prendra grand plaisir à s’asseoir sur les bords des pyramides de Teotihuacan (prononcez « thé haut ti hua canne ») et d’imaginer la vie d’une des plus grandes villes du monde antique.
Les premiers habitants étaient très certainement des agriculteurs qui sont devenus maîtres dans l’art de tailler une pierre noire pour en faire une lame fine et tranchante puis de brillants commerçants.
L’âge d’or arrive au IIIe siècle ap JC, quand les habitants ont drainé les terres environnantes et organisé le commerce dans leur cité. A ce jour, 2000 ateliers de tisserands, de sculpteurs, de potiers et peintres ont été officiellement identifiés dans des fouilles et laissent entrevoir une production artisanale de masse. Fiers de ce succès, les Mexicos ont construit un site sacré pouvant accueillir 40 000 fidèles pour honorer les dieux du soleil, de la lune, de la pluie et Quetzalcoatl, le serpent à plumes.
Personne ne sait vraiment pourquoi cette cité va péricliter, au VIIe siècle de notre ère. Plusieurs hypothèses s’opposent de la sécheresse persistante, à l’invasion de barbares jaloux de la richesse de cette ville, en passant par une révolution des classes moyennes. Une seule certitude, pour une fois, les conquistadors ne sont pas responsables.
Des centaines d’années plus tard, le site a été redécouvert est devenu un lieu de pèlerinage. Les pyramides ont parues si extraordinaires aux Aztèques qu’ils ont baptisé la ville comme « cité des dieux ».
Visiter ces pyramides est incontournable lors d’un voyage au Mexique. Teotihuacan est facilement accessible depuis la gare routière de Mexico. Si votre budget vous le permet, vous pourrez même venir en taxi. Une fois sur place, prenez de préférence la porte 2, afin d'arriver directement sur les pyramides du soleil et de la lune sans avoir à piétiner. Pour autant, n'hésitez pas à sillonner le boulevard de la mort, qui, comme son nom ne l'indique pas, amène le visiteur dans un état de franche quiétude. Les marchands cherchent évidemment à profiter de la manne financière que représentent les millions de visiteurs mais jamais vous ne serez harceler dans ce lieu saint.
Bien sûr, escalader les pyramides est incontournable ici. Prenez votre souffle et lancez vous ! Une fois arrivé au sommet, devant la beauté des lieux et le bonheur de respirer pleinement, vous aurez peut-être la sensation, pendant une seconde ou deux, d'être enfin Dieu. Rien de présompteux, telle était, en substance, la promesse faite aux sacrifiés. Seulement, eux, descendaient en deux morceaux, la tête la première et, le reste du corps ensuite. Le rebelle tentait parfois une folle évasion et constatait, trop tard, que les marches étaient bien pensées pour éviter les fuites. L'inévitable chute provoque alors une tâche de sang sans avoir calmé les dieux colériques.
Le tâtonnement de vos descentes vous ramenera rapidement à la réalité du monde. N'est pas Dieu qui veut ! N'oubliez pas de tenir la ligne de vie pour ne pas finir en morceaux sur un boulevard qui, de fait, porterait bien son nom. SC
PS : pour les photos, encore un peu de patience. Idem pour mon sentiment sur Mexico city.
Retard repéré
Bon, zut ! Je viens de me faire gronder par une très bonne amie pour mon retard, impardonnable, concernant mon article sur le Mexique. J'assume mais je trouve que les deux points en moins sont excessifs. J'ai une côte fêlée, avec un certificat médical et, si besoin, un mot de mes parents !
La vérité est qu'il ne faut jamais reporter l'écriture au lendemain ! Et je vais tâcher d'écrire quelques lignes dès maintenant. Si, vous aussi, vous êtes impatients, je vous conseille le très beau monologue de l'ami Sébastien, un ingénieur lettré, pratiquant quotidiennement les jeux de mots : http://losdoudos.blogzoom.fr/
Mon article se voulait journalistique (avec une pointe de sérieux, sérieux, oui) et centré sur les pyramides et oui, il arrive !
09 avril 2008
Mea culpa
« Faire son mea culpa », c'est reconnaître devant tout le monde, et pas seulement face à sa conscience, ou en privé qu'on s'est trompé, c'est reconnaître sa faute. Avec une certaine solennité, en tout cas en insistant sur cet aveu public, je tiens à vous remercier de ne pas m'avoir accablé pour mon silence virtuel. Je prépare un article sur les merveilleuses pyramides mexicaines et, bien que les examens de mes élèves approchent, je vais essayer d'être prolixe, dans un avenir proche.
Sébastien
PS: tiens, personne n'a trouvé la dernière énigme. Baisse de forme ?
14 janvier 2008
Enigme photo n°15
Pourquoi ces Sarko sont-ils dans la rue ?
A gagner : un objet bourguignon.
Pour jouer, rien de plus simple : ajoutez un commentaire ci-dessous ou envoyez un courriel à sebchab@yahoo.fr.
Bon courage à tous !
Le pouvoir d'un seul
"Sous son apparence anodine, le pouvoir d’intervention directe du président de la République devant le Parlement ne manquera pas de provoquer, de la même façon, un changement fondamental des règles du jeu politique. La Ve République a apporté la stabilité politique au prix d’un regrettable effacement du Parlement, mais elle avait su partager le pouvoir exécutif pour le rendre moins écrasant. Il est à craindre que le projet de Nicolas Sarkozy ne conduise à faire sauter ce dernier rempart contre les dérives du pouvoir d’un seul."
A lire dans Libération.
10 janvier 2008
La fin de l'Habeas corpus
C'est dans l'indifférence totale qu'un texte de loi est passé dans la nuit du 9 janvier 2008. Pourtant, ce texte est important puisqu'il enterre pour longtemps le principe ancien de l'Habeas corpus. Le texte voté hier à l'Assemblée nationale permet le maintien des criminels les plus dangereux dans des centres fermés mais, et c'est cela qui est TRES grave, sans jugement. Ce n'est pas un juge qui prendra cette décision mais un commission d'experts (magistrats et psychiatres). Bruno Frappat, éditorialiste à La Croix, souligne à juste titre : « Comme ceux qui auront à en décider seront sans doute tétanisés à l'idée de se tromper et de relâcher des individus dangereux, ce que ne manquerait pas de leur reprocher le tribunal de l'opinion, on ne voit guère qui prendrait un tel risque. Ainsi invente-t-on la préventive à perpétuité. Et la punition avant la faute ». (voir http://blogfrappat.la-croix.com/)
Pire, ce texte qui était initialement réservée aux pédophiles récidivistes auteurs de crimes sur des jeunes de moins de 15 ans, concernera TOUS les auteurs de crimes sur les moins de 18 ans et également les personnes condamnées à au moins 15 ans de réclusion pour certains crimes commis sur des victimes majeures. Nous pourrions insister sur le fait que la définition du crime est très large (excès de vitesse, alcoolisme,toxicomanie, jeux d'argent, polygamie...). Ainsi, un joueur qui fumerait du cannabis pourrait se retrouver en prison, à vie.
Mais laissons là les aberrations à venir pour nous pencher sur un constat : si les Français peuvent être emprisonnés sans avoir commis de faute et sans jugement, cela signifie que la France accepte d'enterrer un texte fondateur de l'esprit des Lumières : la loi sur l'Habeas Corpus. Cette dernière date de 1679 et énonce un droit à chaque sujet anglais : « En l’absence de délit ou lorsque les charges sont manifestement insuffisantes, le juge fait libérer la personne ».
Belle régression ! Pour mémoire, cette loi est votée le dernier jour de session du Parlement pour contrer les arrestations arbitraires et les déportations abusives du roi Charles II, anti-catholique et admirateur de l'absolutisme. S'il s'appuie sur ce modèle, Sarkozy a encore une marge avant de devenir roi (élu). Une questions nous brûle alors les lèvres : à quand une réouverture des bagnes en Guyane ? A moins que ce ne soit des camps...Avec ce genre de texte, une dérive totalitaire est en effet possible, voire probable.
Saluons à ce propos le courage poilitique de Mme Guigou qui ose tenir tête au tout-puissant président. Pour autant, son intervention n'est en rien injurieuse. L'ancienne Garde des sceaux précise : « Je ne dis pas que ce texte veut ces dérives, je dis qu'il peut les entraîner. Le gouvernement et la majorité ne mesurent pas la gravité de ce changement de philosophie dans la justice. Ils tournent le dos aux acquis de la Révolution qui veulent qu'on condamne les gens pour ce qu'ils ont fait, pas pour ce qu'ils sont, ni pour ce qu'ils sont susceptibles de faire ».
Sébastien Chabaud
Insuffisant, n'oubliez pas de réfléchir avant de parler
Bulletin du premier trimestre
Elève : Nicolas Sarkozy | ||
Matières |
Notes |
Appréciations |
Histoire |
6/20 |
Ne vous en déplaise, la monarchie élective existe. L’exemple le plus notable est celui de Hugues Capet, qui était élu par les comtes du royaume. Son pouvoir n’était donc pas héréditaire. Par ailleurs, vos interventions essaiment tout et son exact contraire. Ainsi, pendant votre exposé sur les 35H, vous dites qu’il faut supprimer le texte puis vous rappelez l’importance de sa préservation. |
Français |
8/20 |
Votre registre de langue est beaucoup trop familier. (Président de la République, c’est pas un boulot pour un inquiet», ou le désormais fameux «avec Carla, c’est du sérieux»). A votre niveau, cela est impardonnable. |
Vie scolaire |
7/ 20 |
Avec vous, le mot de « promesse » perd tout son sens. Une de vos absences est injustifiée, merci de rapporter votre certificat médical pour l’opération de votre abcès à la gorge, au Val-de-Grâce. |
Bilan |
Insuffisant, n'oubliez pas de réfléchir avant de parler. Le conseil de classe vous trouve un peu trop impétueux et égoïste pour quelqu’un qui souhaite se dévouer aux autres et à la « cité ». Il est temps de vous remettre en question. | |


